mardi 21 août

Copé s'est vu trop beau, trop tôt

Hervé Gattegno, rédacteur en chef au "Point", intervient sur les ondes de RMC du lundi au vendredi à 8 h 20 pour sa chronique politique "Le parti pris".

Jean-François Copé devrait annoncer sa candidature à la présidence de l'UMP ce week-end.

Jean-François Copé devrait annoncer sa candidature à la présidence de l'UMP ce week-end.

Jean-François Copé - invité mardi matin sur RMC et BFM TV - doit officialiser le week-end prochain sa candidature à la présidence de l'UMP, mais il est en campagne depuis deux mois. Il reste nettement distancé dans les sondages par François Fillon. Votre parti pris : Copé s'est vu trop beau, trop tôt.

Il ne suffit pas de n'avoir que l'élection en tête pour être en tête à l'élection. Pendant la présidentielle, Copé a pensé que sa position à la tête de l'UMP le plaçait sur orbite - soit pour prendre la suite en cas de défaite de Nicolas Sarkozy, soit pour s'imposer à Matignon en cas de réélection. Comme il n'a pas naturellement tendance à douter de lui-même et que, sur le papier, il a des qualités de leadership que François Fillon n'a pas, il était sûr que l'affaire était pliée. Les sondages montrent qu'il a surestimé ses atouts - et sans doute sous-estimé ceux de Fillon.

Mais les sondages sont faits auprès des sympathisants alors que ce sont les militants qui vont voter. Est-ce que les chiffres qui sont publiés ne donnent pas une indication faussée ?

On peut le penser - les partisans de Jean-François Copé le disent à qui veut l'entendre. On sait aussi que le vote se fera dans les fédérations et non pas par Internet, comme François Fillon le voulait ; or c'est un mode électoral qui favorise celui qui contrôle le mieux l'appareil du parti. Cela dit, l'écart dont témoignent les sondages est trop important pour que l'avance de François Fillon soit contestable. Il est vrai qu'il a perdu beaucoup de points en quelques semaines, mais c'est surtout à cause de la multiplication des candidatures. Même si l'on sait qu'à l'arrivée, il n'y aura sans doute pas plus de trois candidats (Fillon, Copé et NKM)...

Qu'est-ce qui explique l'abondance des candidatures si ce ne sont pas de vrais prétendants ?

D'abord, l'attrait de la primaire du PS, qui permet à de nouvelles têtes d'émerger. Ensuite, la crise de leadership ouverte par la défaite de Nicolas Sarkozy et la faiblesse de ses héritiers putatifs. Les NKM, Xavier Bertrand, Bruno Le Maire ou même Christian Estrosi contestent la supériorité des deux favoris - soit qu'ils n'ont pas plus d'expérience (Copé), soit qu'ils n'ont pas plus de caractère (Fillon). C'est aussi ce qu'a l'air de penser l'électorat de l'UMP : le sondage du JDD montrait ce week-end que c'est Nicolas Sarkozy qui garde leur préférence. S'il y a un point d'accord entre Copé et Fillon, il est là : la popularité persistante de Nicolas Sarkozy est une mauvaise nouvelle pour eux deux.

Est-ce qu'on a raison de penser que derrière la présidence de l'UMP, c'est déjà la candidature à la présidentielle de 2017 qui se joue ?

C'est évident - la meilleure preuve, c'est que les chefs de l'UMP jurent tous le contraire ! À droite, c'est toujours celui qui contrôle le parti qui est le candidat. C'est bien pour cela que l'opinion privilégie le profil présidentiel des postulants - ce qui, objectivement, avantage François Fillon. Sa prudence et sa tiédeur ont longtemps été vues comme des handicaps. Depuis l'élection de François Hollande, ce sont des travers qui apparaissent comme des atouts. Alors que l'empressement décomplexé de Jean-François Copé, qui a tout du modèle sarkoziste, est peut-être passé de mode. En tout cas pour l'instant.

source le point

Posté par le tigre blanc à 10:53 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

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